vendredi 29 mars 2013

Le vieil homme et la couverture

Dessin publié sur Képzömüvészet
Il était une fois un jeune homme et sa jeune épouse. Ils étaient tous les deux très avares. Le père du mari était très âgé, ses mains tremblaient quand il mangeait sa soupe. Le temps d'arriver avec sa cuillère de l'assiette à sa bouche, il renversait tout le bouillon en arrosant même la nappe. Un jour, quand il voulut, avec sa cuillère, prendre de la soupe dans son assiette, celle-ci s'échappa de ses mains tremblotantes, tomba par terre et se cassa. La jeune femme se mit en colère contre son beau-père. Elle convainquit son mari de le chasser de leur maison. Le jeune mari hésita mais finalement il s'inclina devant son épouse qui n'arrêtait pas de grommeler à ses oreilles.

Un jour, ils se rendirent ensemble à la foire pour acheter deux couvertures neuves. Ils décidèrent de les mettre sur le dos du vieil homme et de le laisser ainsi aller de par le vaste monde. Où que le vieil homme aille, quand la nuit serait tombée, il pourrait mettre une couverture par terre et se couvrirait avec l'autre pour dormir.

En rentrant à la maison, aucun d'entre eux n'arriva à se décider à faire partir le vieillard. Ils avaient un fils âgé de six ans. Son père lui dit:

«Écoute-moi, mon fils! Voici deux couvertures bien pliées. Nous partons travailler aux champs et quand tu penseras que nous y sommes arrivés, mets ces couvertures sur le dos de ton grand-père, prends-le par la main et amène-le dehors, dans la rue. Dis-lui qu'il aille où il veut mais qu'il ne revienne plus jamais ici.»

Ainsi fit le fils. Mais quand ses parents furent partis de la maison, il décida soudain de prendre uniquement l'une des deux couvertures. Il la posa sur les épaules de son grand-père, l'emmena dans la rue et lui dit:

«Grand-père, allez où vous voulez mais ne revenez jamais dans cette maison parce que vous n'avez plus de place ici.»

Le vieil homme partit en pleurant avec la couverture sur le dos.

Le soir, quand les parents rentrèrent à la maison, ils virent la couverture mais pas le vieil homme. Ils appelèrent leur fils.

«Qu'est-il arrivé à ton grand-père?
-J'ai fait exactement ce que vous m'avez demandé!
-Comment cela ?
-J'ai mis une couverture sur son dos et je lui ai dit qu'il aille où il veut mais qu'il ne revienne plus jamais parce que nous n'avons pas besoin de lui.
-Mais la deuxième couverture, qu'est-ce qu'elle fait ici? Pourquoi ne lui as-tu pas donné avec l'autre?»

Le fils répondit:

«Vous voulez savoir pourquoi je ne l’ai pas fait? Parce que j’ai pensé à vous. Quand vous aurez vieilli comme lui et que je devrai vous mettre à la porte, eh bien je n'aurai pas besoin d' acheter de couverture. Vous prendrez la couverture qui est restée ici.»

L’homme échangea un regard avec sa femme, ils eurent honte et se mirent à pleurer.
L’homme alla vite chercher son cheval à l’écurie, et monta dessus. Au bout du neuvième village, il rattrapa son père et lui demanda pardon. Il mit le vieux sur le cheval, et tenant le licou passé à l'encolure du cheval, il le ramena à la maison.

Dès qu’ils arrivèrent chez eux, ils firent asseoir le vieux à table et apprirent à leur fils à respecter le grand-père. Ils ne regrettaient plus que, par sa faute, une assiette se casse ou que la soupe déborde. Ils regardaient toujours le vieux d'un bon œil.
Ils menèrent une vie honnête et ils vivent même encore aujourd'hui s'ils ne sont pas morts entre-temps.

vendredi 22 mars 2013

La fille intelligente

Sainte Elisabeth file pour les pauvres
Il était une fois un meunier qui avait une fille si intelligente et si modeste que sa réputation s’était répandue même dans des pays lointains. Le roi l’apprit et lui fit dire que le grenier du palais royal était plein de vieux chanvre qui datait de cent ans et il lui demanda d’en faire des fils d'or. 

La fille répondit que sa famille avait une haie qui datait de cent ans et elle demanda que le roi la fasse transformer en une quenouille en or sur laquelle elle filerait avec plaisir les fils d'or. Elle espérait que le roi ne souhaiterait tout de même pas qu’elle travaille sur une misérable vieille quenouille. 

Sa réponse plut au roi. Il fit dire à la fille qu’il avait une cruche percée et ébréchée et demanda qu’elle la répare si elle le pouvait. Elle répondit que le roi la fasse retourner sur l'envers car personne n'a jamais vu rapiécer quelque chose sur l'endroit.

Cette réponse plut encore davantage au roi. Il fit dire à la fille qu’elle aille le voir de façon à ce qu’elle n’y aille quand même pas, qu’elle lui dise bonjour mais qu’elle ne le fasse quand même pas, qu’elle lui apporte un cadeau mais qu'elle n'en apporte tout de même pas.

Sur ce, la fille demanda à son père de lui prêter son âne, elle y monta et se dirigea vers le palais royal. Elle emporta avec elle une colombe recouverte d'un filet. En arrivant devant le roi, elle ne dit pas un traître mot. Elle s'inclina, puis fit s'envoler la colombe de sous le filet. 

Ainsi elle alla mais elle n'alla quand même pas devant le roi, elle le salua mais elle ne le salua quand même pas, elle lui apporta un cadeau mais elle n'en apporta quand même pas. Le roi tomba amoureux de la fille et l'épousa aussitôt.

vendredi 15 mars 2013

Pourquoi le renard est-il roux?

Il était une fois un petit ruisseau qui coulait lentement. Des écrevisses nageaient gaiement dans son eau. Tout près de ce ruisseau se trouvait un terrain broussailleux habité par des renards.

Par une belle journée d’été bien chaude un renard eut très soif. Il descendit boire au bord du ruisseau. En buvant tranquillement, gorgée après gorgée de l’eau fraîche, il aperçut tout à coup une écrevisse. Elle ne nageait pas comme les autres animaux, vers l’avant, mais bien vers l’arrière. Le renard dit:

«Dis donc, heureusement que le bon Dieu n’a pas créé d’autre animal aussi incapable que toi, qui n’avance jamais vers l’avant mais vers l’arrière!»
L’écrevisse s’approcha du bord de l’eau et lui répondit:

«Peut-être, mais je cours quand même plus vite que toi, espèce de crâneur! Regarde là-bas, il y a un vieux chêne. Celui qui y arrivera le premier, gagnera la course. En plus, je te permets de commencer avec trois pas d’avance. Quand je dirai un, deux, trois, partez! cours autant que tu le peux, car de toute façon j' arriverai avant toi.»

Le renard rit de bon cœur.

«Marché conclu! dit-il en souriant. On verra qui sera le vainqueur!»

Pendant ce temps, sans se faire remarquer, l’écrevisse s’accrocha à la queue du renard avec ses pinces. Puis, elle donna le signal du départ:
«Un, deux, trois … Partez!»

Le renard s’élança. Après avoir fait un bon bout de chemin, il se dit:

«Elle m’a bien eu, celle-là. Il se peut qu’elle ne soit même pas sortie de l’eau et qu'elle m’ait quand même bien fait courir. Tant pis, je vais continuer le chemin qui me reste encore à parcourir!»

Il arriva au chêne, se retourna et à ce moment-là l’écrevisse lâcha rapidement la queue du renard. Elle se planta devant lui et dit:

«Ce n’est que maintenant que tu arrives? Moi, je suis là depuis longtemps. Qu’est-ce que tu as fait jusqu’ici? Tu vois, tu étais présomptueux et finalement c’est moi qui ai dû t’attendre!»

Le renard eut honte et devint tout rouge. C’est depuis ce temps-là que le renard a un pelage roux.



vendredi 8 mars 2013

Le roi Mathias et le pauvre bûcheron




Un jour que le roi Mathias se promenait dans la forêt, on ne sait pas comment, il se perdit. Il chercha son chemin, il erra sans retrouver la route qui l'aurait mené hors de la forêt. Il aperçut un pauvre bûcheron, il s'approcha de lui et le salua:

«Que le bon Dieu t'apporte son aide, pauvre bûcheron!
-Cela ne me ferait pas de mal», dit le bûcheron ne reconnaissant pas l'homme qui lui adressait la parole. Il prenait le roi Mathias pour un grand seigneur.
Celui-ci lui dit:

«Alors, mon pauvre homme, est-ce que tu as des enfants?
-Oui, j'en ai quatre, deux beaux garçons et deux filles.
-Dis-moi, as-tu de l’argent?
-J'ai juste ce qu'il me faut. Mais tu sais, je dois le partager en trois.
-Et comment fais-tu cela? demanda le roi.
-Je rembourse mes dettes avec une partie et je prête l'autre partie.
-Et la troisième partie?
-Je la jette dans la boue.
-Dis donc, je n'ai jamais entendu un discours pareil, dit le roi Mathias. Mais dis-moi comment je dois comprendre ce que tu viens de me dire?
-Concernant le remboursement de mes dettes, j'ai voulu dire que mon père et ma mère qui m'ont élevé, sont encore en vie et c'est moi qui les entretiens. C'est pour cela que j’ai dit que je rembourse petit à petit mes dettes.
Pour le prêt, j'ai voulu dire que chaque fois que mes fils ont besoin d’argent, je le leur en prête en espérant qu'ils me le rendront quand je serai vieux.
-Et quelle est la troisième explication?
-Jeter mon argent dans la boue veut dire que je le dépense pour mes deux filles. Je leur achète des vêtements mais elles ne me le rendront jamais. Elles vont se marier et elles vont me quitter.
-Tu as l'esprit vif! dit le roi Mathias. Mais tu sais, pauvre vieux, je me suis perdu dans cette grande forêt. Serais-tu assez gentil pour me reconduire d’ici?
-Hélas, Monsieur, je n'ai pas  le temps de reconduire quiconque. Je suis pauvre, vite je dois aller travailler.
-Je veux bien te payer la journée! Je t’en supplie, conduis-moi hors de la forêt!
-D'accord, si vous me payez, je le fais de bon cœur.»

Sur ce, ils prirent la route. Ils marchaient doucement et bavardaient. Le roi Mathias lui demanda:

«Dis-moi, as-tu déjà vu le roi?
-Jamais, mais je voudrais bien le voir avant de mourir.
-Quand nous serons sortis de la forêt, il y aura beaucoup de gens qui travailleront dans les champs. Quand ils auront vu le roi, ils enlèveront leur chapeau. Seul le roi gardera le sien. Tu le verras à ce moment-là.»

A peine termina-t-il sa phrase qu'ils arrivèrent près des champs. En effet, beaucoup de paysans étaient en plein travail mais quand ils aperçurent le roi, ils ôtèrent tous leur chapeau.
Le pauvre homme dit:

«Regardez, Monsieur, tout le monde est tête nue. Ce n'est que nous qui avons notre chapeau. Alors qui est le roi d’entre nous? Moi ou vous?
-Il est sûr que l'un d'entre nous l’est!», dit le roi Mathias en tapant sur l'épaule du pauvre homme.

Le roi Mathias récompensa largement le pauvre et ils vivent encore aujourd'hui s'ils ne sont pas morts entretemps.
Tout est vrai jusqu'à la dernière lettre. Je vois cela comme si tout s'était passé hier.


Andrásfalva (La Bucovine)


vendredi 1 mars 2013

Le Bonhomme Hiver

Il était une fois, à la lisière d’une grande forêt, une petite maison. Dans cette petite maison vivaient un vieil homme et sa femme. Pendant toute leur vie, ils furent pauvres et le restèrent, même s’ils travaillaient dur et vivaient chichement. Le vieux mit de l'argent de côté, qu’il cacha dans un vieux bas pour qu’ils aient de quoi vivre quand ils ne pourraient plus travailler.
«Cet argent tombera bien quand l’hiver arrivera», disait souvent le vieil homme, chaque fois qu’il jetait un coup d’œil sur le vieux bas.

Un jour, il alla couper du bois dans la forêt et laissa sa femme seule à la maison. Tout à coup, on frappa à la porte. La vieille regarda par la fenêtre et vit un vieillard devant la porte.
«Qui es-tu, toi, vieillard? Qui es-tu et que veux-tu?» demanda la femme.
«Je viens te demander l’aumône. Je suis le vieux Bonhomme Hiver.
-C’est toi, Hiver? Alors, rentre! Depuis longtemps, nous mettons de côté un petit pécule pour que nous ayons de l'argent quand tu vas arriver!»

La vieille femme mit dans la main du vieillard le bas avec tout l’argent que son mari avait amassé, sou par sou grâce à son dur travail. Quand son mari rentra, sa femme lui raconta gaiement:
« Le Bonhomme Hiver est venu chez nous et il a emporté notre argent!
-Oh mon Dieu! Tu ne lui as tout de même pas donné notre argent, celui qu'on a mis de côté?» se lamenta le mari.
«Bien sûr que si! Un vieillard a frappé à la porte et a dit qu’il s’appelait Hiver, je lui ai donc donné l'argent. C’est toi qui as dit qu’un jour cet argent tombera bien quand l’Hiver viendra frapper chez nous», répondit la vieille.
«Nous avons perdu tous nos biens. Il n’y a plus rien à faire, prenons nos cliques et nos claques, et allons de par le monde pour tenter notre chance», soupira le vieux.

Ainsi firent-ils. Ils se mirent en route vers le monde inconnu et ils quittèrent leur petite maison. Ils décrochèrent juste la porte et l'emportèrent avec eux pour dormir dessus pendant la nuit. Ils traversaient une épaisse forêt quand la nuit tomba. Le vieux choisit un arbre au feuillage bien fourni. Il y monta avec la porte et avec sa femme puis ils se couchèrent sur la porte. Bientôt ils s'endormirent.

La lune était déjà très haute dans le ciel quand un grand bruit et un grand tintamarre les réveillèrent. C'était des voleurs qui parcouraient la forêt. Ils se reposèrent sous l'arbre dont les branches tenaient la porte, servant de lit au vieux couple. Les brigands sortirent leur butin, beaucoup d'or et de bijoux. Ils s'apprêtèrent à le partager, mais ils se fâchèrent, car chacun voulait en garder la plus grande partie. Le chef des voleurs se mit en colère et cria :
«Que le diable vous emporte!»

Sur ce, le vieux saisit la porte et la jeta sur les brigands en criant encore plus fort que leur chef :
«Voici le diable!»
Il n'en fallait pas plus aux voleurs! Tous, autant qu'ils étaient, s'enfuirent de tous côtés en laissant le butin sur place. Les vieux descendirent de l'arbre. Ils mirent autant d'or et de bijoux que pouvaient en contenir leur tablier et leur besace. Ils rentrèrent chez eux, le vieux raccrocha la porte à sa place et ils vivent encore aujourd'hui s'ils ne sont pas morts entre-temps.

Conte tzigane

vendredi 22 février 2013

Le jeune farfelu


"Le jeune farfelu",  imaginé par Petra (5ans)
Il était une fois un pauvre paysan. À sa mort, il avait légué un taureau à ses trois fils qui ne savaient pas comment partager l’héritage. Ils se mirent d’accord pour que chacun construise une étable en laissant ainsi le choix au taureau.
Les deux aînés bâtirent des étables si somptueuses que même un curé aurait pu y habiter. Le benjamin, un peu farfelu, fit une étable en branches de bouleau de piètre qualité. Quand ils lâchèrent le taureau, celui-ci rentra directement dans l’étable du benjamin.

Les aînés étaient fort contrariés, mais il n’y avait rien à faire, marché conclu, ils cédèrent le taureau à leur petit frère. Celui-ci jeta une corde au cou du taureau et l’emmena à la foire du village.

Alors qu'il se rendait au village, le vent se leva et fit siffler un vieux saule qui se trouvait sur le bord de la route.
«Oh là là!, pensa le jeune homme, il veut sûrement acheter le taureau!»
Il cria au saule:
«Dis-moi, combien m’en donnerais-tu en échange?»
Mais le saule continua de siffler.
«Ah, je vois, pensa le jeune hurluberlu, il voudrait le taureau sans ses cornes.»

Et là-dessus, il fit tomber les deux cornes du taureau. Mais le saule continua de siffler.
«Alors quoi? Maintenant tu n'as pas l'argent? Ce n'est pas grave, je passerai le prendre la semaine prochaine.»

Sur ce, il attacha le taureau au saule et rentra à la maison où ses frères l'interrogèrent:
«Alors, toi, l'imbécile heureux, as-tu vendu le taureau?
- Bien sûr que je l'ai vendu!
- Et dis-moi, à qui l'as-tu vendu? Parce que je suis certain que tu as été honteusement trompé!», dit le frère aîné en lui cherchant querelle.

«Le taureau est bien là où il est, mon petit bonhomme! Je l'ai vendu à un vieux saule pour quarante forints.», répondit le jeune farfelu.
«Où est l'argent?» demanda l'autre.
«Il va me le donner la semaine prochaine. J'irai le chercher.» répondit le benjamin.

Les deux autres éclatèrent de rire.
«Alors, toi, tu es une bonne poire! Tu l'as tellement bien vendu que tu en auras le prix quand les poules auront des dents!» répondit l'un des frères.

Le jeune farfelu l'ignora complètement. Une semaine après, il alla voir le saule, lui demanda son argent, mais celui-ci ne lui prêta pas attention.
«Je vois bien que tu n'as aucun sens de l'honneur!» dit le jeune hurluberlu.

Il saisit sa hache et frappa un énorme coup sur le saule, qui tomba aussitôt. Le jeune homme regarda de près le trou que cela avait fait et y vit un grand chaudron plein d'argent. Il dit au saule :
«Eh bien, écoute, je prendrai la somme que tu me dois et j'emporterai le reste pour les intérêts.»

Sur ce, il sortit le chaudron du trou, le suspendit au manche de sa hache qu'il lança sur son dos et rentra chez lui. 
À son arrivée, ses frères aperçurent immédiatement le chaudron plein de sous. Ils chuchotèrent entre eux et s'accordèrent pour dire que l'argent serait en meilleure place dans leur poche que dans celle de leur frère farfelu.

Mais le jeune homme avait l'ouïe fine et comprit que ses frères préparaient un mauvais coup. Pendant la nuit, il s'enfuit de chez lui et alla directement au palais royal pour se plaindre auprès du roi.
Le roi avait une fille qui était toujours triste, à tel point que personne n’avait jamais réussi à la faire rire. 

Quand le jeune farfelu exposa sa plainte, elle rit tellement que son rire résonna dans tout le palais. Le roi dit :
«Eh bien, mon gars, je me suis engagé à donner ma fille à celui qui la ferait rire, et je tiens ma parole. Je vais te donner ma fille en mariage ainsi que la moitié de mon royaume et je vais chasser tes frères de ce pays.
-Majesté! Ne les chassez pas! Ils vont travailler à la ferme de Votre Majesté!
-D'accord, d'accord, comme tu le veux!» accepta le roi.

Ils donnèrent un grand repas de noces sept jours durant, pendant lesquels même les chevaux burent du vin. Ensuite, les amoureux s'assirent dans une coquille d’œuf et se laissèrent porter par le courant du Küküllö1. S'ils en descendent, qu'ils soient vos invités!


1 Küküllő, La Târnava  en roumain,  est une rivière transylvaine située en Roumanie.





vendredi 15 février 2013

Le chien, le chat et la souris

Le conte "Le chien, le chat et la souris", imaginé par Teana (3 ans)



Jadis, le chien et le chat étaient très amis. C'était vraiment il y a très longtemps, lors de la création du monde.
Un jour, le chien vendit sa maison. Il en reçut l'acte de vente, mais il ne savait pas où le mettre. Il alla voir cet animal-ci, cet animal-là. Il demanda à celui-ci, il demanda à celui-là de garder l'écrit afin qu'il ne s'égare pas. Mais parmi tous les animaux, il n'y en eut pas un seul pour accepter.

Le chien alla alors chez le chat et lui dit:
«Compère chat, je te remets cet écrit, garde-le tant que je me trouve une autre maison.
-Mais bien sûr, je le garde volontiers!» répondit le chat.

Il prit le document et l'accrocha sur la poutre maîtresse de sa maison.
Le temps passa. Un jour, le chien eut besoin de l'acte. Il courut vite chez le chat et lui dit:
«Compère chat, rends-moi le document, j'ai de nouveau une maison, moi aussi.»

Le chat monta vite jusqu'à la poutre maîtresse, sortit l'écrit et en redescendant, il le passa au chien. Celui-ci regarda le document de gauche et de droite, de tous les côtés. Mais Seigneur Dieu! il n'arrivait pas à en lire un traître mot. Pourtant, il avait été dans de nombreuses écoles, même à l'étranger. Mais il n'y avait rien à faire, la souris avait rongé le papier.

Le chien se mit fort en colère, lécha de gauche et de droite la gueule du chat et le menaça:
«Tu vas voir ce que tu vas voir, compère chat! Tu n'as pas pris soin de mon document, et tant que je serai vivant, je te poursuivrai. Je ne te laisserai pas tranquille une minute!»

Mais le chat n'en resta pas là! Il alla en courant chez la souris. Il lui mit la main au collet, la lécha de gauche et de droite et la menaça:
«Attends un peu, souris, tu as rongé le document, mais à partir de cet instant tu n'auras plus jamais une minute de tranquillité. Où que je te voie, je t'attrape et je te mange.»

Ce fut ainsi. Il dévora tout de suite la souris. Et depuis ce temps là, les chiens poursuivent les chats, et les chats les souris.


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Suivez le lien suivant pour écouter ce conte, narré avec beaucoup d'engouement par Eliane Marny: L'Oreillette à Lulu - Emission 221