samedi 27 avril 2019

Le cadenas merveilleux

Source:almalin.eklablog.fr

Il était une fois une femme qui était très pauvre. Elle avait un fils.

Un jour, elle alla laver du linge pour quelqu’un, et quand elle rentra à la maison, elle ne trouva pas son fils. Où était-il allé? Qu’est-ce qui avait pu lui arriver? Personne ne pouvait le dire…

C’était normal puisque les diables l’avaient volé et l’avaient emmené directement en enfer.
Le garçon passa sept ans en leur compagnie, et pendant toutes ces années tout alla bien, aucun mal ne lui arriva. Les diables lui confièrent sept chambres à balayer, à nettoyer, à faire tout ce qu’il avait à y faire.

Dans la septième chambre se trouvait un cadenas, un magnifique cadenas. Toute la force de douze diables y logeait. Le garçon fit tout pour s’emparer du cadenas. Un jour, ses efforts furent couronnés de succès. Il réussit à s’enfuir, et il rentra directement chez sa mère. Le jeune homme lui dit:

-Vous savez ce que je vais vous dire?… Je suis en âge de me marier. Allez voir le roi et demandez lui la main de sa fille pour moi parce que je veux l’épouser.

Sa mère obéit, elle alla voir le roi, elle lui demanda sa fille en mariage, ce qui fit sourire le roi. Il trouva amusant qu’un hurluberlu veuille épouser sa fille. Il dit à la mère:

-Ecoutez-moi bien! Je veux bien donner ma fille à votre fils s’il arrive à faire ce que je lui demanderais. Il y a une grande forêt à côté du village. S’il arrive à faire en sorte que pendant une nuit cette forêt disparaisse, qu’il n’en reste rien, même pas les racines des arbres, dans ce cas, il aura ma fille, autrement il n’aura rien.

Elle rentra à la maison, et elle raconta à son fils ce que le roi lui avait dit. Son fils lui répondit:

-Si ce n’est que cela que le roi veut, ce sera fait!

Quand la nuit tomba, il sortit le cadenas, il tourna la clé dedans, et les douze diables surgirent d’un seul coup. Il leur dit:

-Allez défricher la forêt mais je veux qu’il n’en reste pas une miette de racine.

Les diables y allèrent. Le lendemain, il ne restait plus rien de la forêt, pas la moindre trace.

Le jeune homme alla voir le roi, et lui annonça que sa demande était accomplie, et il lui demanda la main de sa fille. Mais le roi ne fit que sourire et lui dit:

-Si demain matin, à la place de la forêt je vois un beau champ bien vert, alors tu auras ma fille.

Rien ne parut plus simple au jeune homme! Il sortit son cadenas merveilleux qui l’aida… Le lendemain, un beau champ vert plein de blé se trouvait à la place de la forêt.
Il alla voir le roi et lui dit:

-Majesté! L’ordre que m’avez donné, est exécuté!

Le roi regarde dehors par la fenêtre, et il constata qu’un beau champ de blé se trouvait à la place de la forêt. Mais il était très contrarié car il devait maintenant donner sa fille à ce jeune homme farfelu. Il lui dit:

-Très bien! Jusqu’ici tu as réussi toutes les épreuves. Je te donne un dernier ordre, et si tu y arrives, tu auras ma fille. Je veux que pour demain matin, devant le palais, il y ait une route en diamant. Mais ce n’est pas tout! En plus, je veux qu’au bord de la route les arbres fleurissent et qu’ils soient pleins d’oiseaux.

Le jeune homme rentra à la maison, il tourna la clé dans le cadenas, et le lendemain le roi fut émerveillé devant tout ce qu’il voyait et entendait: une route en diamant, des arbres fleuris avec  beaucoup d’oiseaux qui chantaient. C’était tellement beau qu’il avait du mal à y croire. Il pensa que le jeune homme méritait vraiment sa fille.
Celui-ci alla le voir, et le roi lui donna volontiers sa fille.

Les noces furent prévues pour le lendemain.
Le matin, au réveil, les mariés virent, dans l’air, au dessus du champ, un magnifique palais suspendu à une chaîne en or. Les fêtes eurent lieu dans ce palais merveilleux où le jeune couple s’installa. Le roi fut si fier de son gendre que même pour tour l’or du monde, il n’aurait pas voulu s’en séparer.

Un jour, le jeune marié alla à la chasse sans son cadenas merveilleux. A la maison, sa jeune épouse ne savait pas à quoi servait ce vieux cadenas tout rouillé.

Les diables avaient une comparse, une affreuse vilaine vieille sorcière. Elle habitait une île qu’elle quitta pour passer devant le palais du jeune couple en criant:
-Nouveau cadenas contre un vieux! Nouveau cadenas contre un vieux!

La jeune épouse l’entendit et fut heureuse d’avoir un nouveau cadenas à la place du vieux tout rouillé.
La vieille sorcière ne voulait que ça! Elle sortit de sa poche un nouveau cadenas, qu’elle donna en échange du cadenas, certes vieux, mais merveilleux.

A la place du palais apparut tout de suite une pauvre cabane. La fille du roi pleura et elle ne comprenait pas ce qui s’était passé. Quand son mari rentra à la maison, il fut ahuri de trouver la cabane à la place de son magnifique palais. Il comprit tout de suite que quelqu’un avait volé son cadenas.
Il interrogea sa femme pour savoir à qui elle l’avait donné. Son épouse lui répondit en pleurant à chaudes larmes, et raconta qu’elle avait donné le vieux cadenas contre un nouveau à une très vieille dame. Le jeune mari fut totalement accablé en apprenant le triste sort de son cadenas.

Il alla voir le roi pour tout lui raconter. Le roi lui dit:

-Mon fils, va voir ma Mère de Lune qui a cent ans, elle te donnera de bons conseils.

Le gendre fit ainsi. Mais la Mère de Lune de cents ans ne savait rien. Elle lui donna deux souris et l’orienta vers sa Grande Mère de deux cents ans.
Le jeune marié y alla mais elle ne lui donna qu’un chien, et le dirigea vers la Mère des Vents de trois cents ans en espérant qu’elle aurait de bonnes idées.

Le jeune marié prit la route avec les souris et le chien. Il lui fallut beaucoup de temps pour arriver chez la Mère des Vents de trois cents ans. Il lui expliqua qui l’envoyait la voir et pourquoi.
La vieille dame donna un chat au jeune marié, et lui indiqua qu’à tel endroit, dans telle mer il y avait une île où la vielle sorcière habitait et que c’était bien elle qui détenait le cadenas.

Le gendre écouta attentivement la Mère des Vents de trois cents ans et retrouva son sourire. Il obéit et suivit fidèlement ses instructions.
Pendant la route il eut beaucoup de difficultés mais finalement il arriva avec les souris, le chient et le chat sur l’île. Les animaux retrouvèrent très rapidement le cadenas et ils rebroussèrent chemin ensemble.

Arrivé à la maison, le gendre du roi tourna la clé dans le cadenas, et le palais suspendu à une chaîne en or réapparut exactement au même endroit, là où il était auparavant.

Le jeune couple vécut heureux, et ils vivent même encore aujourd’hui, s’ils ne sont pas morts entre-temps.


(Collecte de Jànos Berze Nagy)

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