lundi 7 janvier 2013

Les braises magiques





Il était une fois deux frères. L'un était très riche, l'autre était très pauvre. Le riche avait beaucoup de terres, un grand troupeau de chevaux et de bovins. Le pauvre n'avait même pas une chèvre maigre, par contre il avait beaucoup d'enfants. Le riche, quant à lui, n'avait ni fils, ni fille.
Un jour, le pauvre envoya un de ses enfants chez son frère riche pour demander un peu de farine et de petit-lait. Le riche ne lui donna rien du tout et l'enfant rentra à la maison en pleurant.
Le pauvre homme fut affligé par le comportement de son frère. Les enfants pleuraient de faim. Le pauvre homme se mit alors en route et alla travailler dans le village voisin.
Le soir, en rentrant à la maison, il aperçut du feu dans la forêt. Il faisait tellement froid qu’il pensa s'en approcher pour se réchauffer un peu. Quand il fut tout près du feu, il vit qu'un vieil homme était assis là.                  
« Bonsoir, vieil homme, dit le pauvre.

« A toi aussi, mon fils. Que fais-tu par ici? »

Le pauvre raconta son chagrin, ensuite salua poliment le vieux et rentra. A la maison les enfants pleuraient davantage : toute la journée, ils n’avaient mangé qu’un peu de patates et ils avaient très froid.
Le pauvre homme dit à sa femme : « Va chez mon frère et dis-lui qu'il nous donne au moins un peu de braise sinon les enfants vont mourir de froid! »

La femme partit mais revint vite en pleurant car le riche ne lui avait rien donné.
« Bon, d'accord, je vais chercher la braise moi-même, dit le pauvre, mais je la trouverai ailleurs. »

Il retourna dans la forêt. Le vieux était toujours à côté du feu. Il lui demanda de la braise.
« Prends-en, mon fils, une bonne pelletée. Ce qui ne rentrera pas dans ton fourneau, tu pourras l'étaler dans ta cour. »

Le pauvre le remercia et rentra à la maison avec la braise. Elle réchauffa bien toute la maison à tel point que le pauvre mit la moitié des braises dehors.
Le lendemain, au réveil, ils virent que le fourneau était rempli de pièces d'or. Il y en avait dans la cour également. Ils les ramassèrent et voulurent les peser mais ils n'avaient pas de boisseau. Le pauvre alla chez son frère demander un boisseau.
« Je te le prête à condition que demain tu fasses tes heures de travail chez moi. »

Le pauvre le lui promit. Une fois à la maison, ils pesèrent les pièces d'or : sept boisseaux en furent pleins. Quand l'un des enfants rendit le boisseau, le riche vit briller une pièce d'or au fond. Dans sa grande précipitation, le frère pauvre ne s'était pas aperçu qu’une pièce y était restée. Quand il la trouva, le frère riche arriva en courant chez lui comme s'il avait été mordu par un chien. Il resta bouche bée quand il vit la quantité d'or.
« D'où vient cet or? », demanda-t-il avec envie.

Le pauvre lui raconta qu'il avait reçu de la braise d'un vieil homme, et qu’il avait étalé le surplus dans la cour. C'est comme cela qu'il avait eu les pièces d'or. Le riche s'en réjouit, alla tout de suite dans la forêt et prit de la braise non pas avec une pelletée mais avec un chaudron. Il rentra en courant tellement il était heureux!
« Mon frère est fou, pensa-t-il, il est vrai qu'il a toujours été comme ça. Je vais lui montrer que j'aurai plus d'or que lui. »

A la maison, il n'étala pas le surplus uniquement dans la cour mais il en mit dans la grange et au grenier. Il était incapable d'attendre le matin et il se leva à l'aube pour ramasser les pièces d'or. Ce fut sa chance, car s'il était resté au lit plus longtemps, il serait mort dans l'incendie de sa maison. Toute la maison fut réduite en cendres et il perdit tous ses biens.

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