vendredi 30 août 2013

Le renard et le brochet

Conte imaginé par Hajnalka Lilla Ràcz

Il était une fois un pauvre cordonnier. Son métier ne lui rapportait pas beaucoup d'argent car les gens étaient pauvres et ne lui donnaient pas assez de travail. 

Un jour, il alla pêcher au bord de la rivière afin de trouver quelque nourriture pour donner à manger à sa famille. Alors qu' il regardait attentivement la rivière, il s’aperçut que quelque chose s'agitait dans l’eau. C’était un renard qui se débattait si fort avec un brochet que l’un ne pouvait pas se débarrasser de l’autre. Le cordonnier s’approcha des animaux, il les saisit et les mit, tous les deux, sur ses épaules. Les dents de l’un étaient tellement entrées dans la chair de l’autre qu’ils ne pouvaient plus se séparer. Alors, il se dit qu’il irait voir le roi Mathias dans son palais royal pour lui montrer les deux bêtes dans l’espoir d’être récompensé.

Ainsi fit-il. Quand il atteignit l’entrée du palais royal, la garde ne voulut pas le laisser entrer.
Il raconta en vain ce qui l’amenait au palais, disant qu’il était pauvre et qu’il comptait sur une récompense. Le premier garde lui dit:
«D’accord, je te laisse passer à condition que tu me donnes la moitié de ta récompense.»

Le cordonnier le lui promit, sinon il n’aurait rien obtenu. Arrivé à la deuxième porte, il se trouva face à une garde royale encore plus importante, qui n’avait pas l’intention de le laisser passer. Mais le cordonnier insista, et l’un des gardes dit:
«Si tu me donnes la moitié de ce que le roi te donne, tu peux entrer.»

Le cordonnier fut obligé d’accepter. Quand il fut devant le roi, lui montra ce qu’il lui apportait et dit:

«Majesté! Voici un renard pris par un brochet, un brochet pris par un renard, et un pauvre cordonnier a pris les deux.»

Le roi rit de bon cœur et demanda au cordonnier:
«Quelle récompense puis-je te donner pour cela?»

«Je demande cent coups de noisetier bien sifflant», répondit le cordonnier.

«Mais pourquoi? Tu n’es pas coupable! Tu n’as pas fait de mal à personne! Au contraire, tu m’as apporté un cadeau et je veux t’accorder une récompense», dit le roi.

Le cordonnier se plaignit de ce que les gardes lui demandaient. Il dit au roi qu’il ne lui resterait rien puisqu’il devrait tout donner aux gardes. Le roi répondit:
«Cela n’est pas grave, pauvre cordonnier. Je vais faire en sorte que les gardes aient la récompense que tu viens de demander, par contre toi, tu auras ce que je vais t’offrir.»

Il lui donna alors un boisseau de pièces d’or. Le roi tint la parole et fit subir la bastonnade aux gardes: celui qui était à la première porte eut cinquante coups de noisetier bien cinglants, celui qui était à la deuxième porte en eut autant.

Le cordonnier rentra à la maison avec les pièces d’or. Il vit encore aujourd’hui s’il n’est pas mort entre-temps.

Andràsfalva (La Bukovine)

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